Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Dessins et textes libres...

Publicité

Leica, générateur de nostalgie

 

Leica M5

Le Leica est un merveilleux générateur de nostalgie.

 

Il renvoie à une époque, par les photographes illustres qui l'ont utilisé, au premier rang d'entre eux Henry Cartier-Bresson; à une perfection technique mécanique et optique; à un élitisme par ses prix; mais aussi à une forme d'exigence personnelle qui peut s'apparenter à ce que demande un violon, ou une voiture de course. 

 

J'ai ressorti aujourd'hui le Leica M5 que j'avais remisé pour cause de numérique. Il était estropié, car, l'ayant fait tombé, j'avais abîmé son objectif, un beau caillou, comme disent les initiés, un 1:2/50mm Summicron, qui reste encore aujourd'hui une référence.

 

Je l'avais acquis à l'occasion de la naissance de mon premier enfant, Olivier, il y a trente cinq ans, avec pour prétexte que je devais prendre des photos de qualité du nouveau né.

Olivier 1 jour

 

Tout de suite, je me sentis en phase avec cet appareil, pourtant plus lourd, plus gros, moins esthétique que les autres modèles de la série M de Leica. Je n'en appréciais que mieux la précision de sa mesure de la lumière ou de sa mise au point télémétrique.

 

J'ai fait des portraits, m'inspirant des photographes des années 70, par exemple Guy Le Guerrec de l'agence VIVA, pour sa mobilité, Cartier Bresson, le maître, pour sa rigueur, mais aussi Mary Ellen Mark aux États Unis, par son approche pleine d'humanité. Une mention spéciale pour Diane Arbus, pour l'originalité et la profondeur des portraits.

 

La photographie de portrait est un paradoxe entre le souhait de surprendre le modèle et celui d'avoir avec lui un travail, disons relationnel, pouvant durer jusqu'à plusieurs heures, pour arriver à une photographie plus intime et surtout plus partagée. Peu de personnes se prêtent à cette démarche: difficulté de mâitriser son expression, incapacité d'être naturel en ayant conscience de ce naturel, comme un acteur qui s'évérerait incapable de jouer son propre rôle d'homme.

 

Après quelques années, j'ai acheté un Leica MP, avec un 35mm. Plus je faisais de portraits, plus j'aimais le 35mm, cette focale grand angle qui permet d'être au plus près de la personne, un mètre environ, de lui parler, d'échanger, de rire. Le 50 mm introduit déjà une distance, deux mètres environ, le cadrage est plus serré, on passe du portrait au gros plan, ce qui pour moi est radicalement différent. Je n'ai jamais utilisé de focale plus longue. 

 

Pourquoi parlé-je de tout ça? Ah oui, pour dire que le numérique a enlevé encore un peu plus de cette construction commune photographe/photographié, que voir le résultat dans la seconde enlève un peu de la réflexion sur l'intention. Trop de photos, pas de tirages, mais des stockages de milliers de clichés non triés sur ordinateur. Bref, je suis devenu nostalgique...

 

Je viens d'acheter un nouvel objectif de l'époque pour mon Leica M5. J'ai racheté des pellicules, des HP5 d'Ilford et des TriX de Kodak. Je vais reprendre les portraits d'amis, de parents, d'inconnus en leur demandant de collaborer, de prendre son temps. Une façon d'être ensemble.

 

La nostalgie doit bien rester ce qu'elle était.

LEICA(s)


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article