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Dessins et textes libres...

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Grabrielle, ou Conrad vu par Chéreau

Au plus près du texte, c'est ce que l'on peut dire de la démarche de Chéreau mettant en scène la nouvelle de Conrad Le retour. Ambiance début de siècle, soulignée par le noir en blanc des premières scènes, huis-clos d'un couple qui se déchire dans une belle et grande maison, éclairage en pénombre pour scènes psychologiques, soin du détail où chaque mouvement du visage, même infime, est lourd de pensées et de sentiments, densité du drame entre amour et haine, implication sans faille des acteurs. Tout y est, et pourtant, il subsiste une pesanteur, une application qui trahit l'adaptation, le respect du  texte, de l'époque, de l'intrigue.

 En (re)lisant la nouvelle, en relevant les scènes ajoutées pour les besoins du film (les jeudis de réception, les dialogues avec les domestiques, la dispute devant les invités,  la scène de nu finale), les quelques différences dans l'intrigue (le nom de l'amant est connu dès la lecture de la lettre, le couple est marié depuis cinq ans et non dix dans le film , ou plus étrangement l'absence du nom de Grabrielle qui fournit le titre du film) sur lesquelles on peut s'interroger, on doit reconnaître que le film, s'il ne peut reprendre l'enfermement du face à face de la nouvelle, retrace véritablement le désarroi de l'homme devant la nudité morale de sa femme, et sa chute vers sa propre disparition, définitive cette fois.

Il comprit soudain que la moralité n'était pas une méthode de bonheur. La conscience de Alvan ouvre l'abîme. Les années passeraient sans foi et sans amour... Il ne peut endurer cela. Elle, si.

A apprécier: la belle musique de Fabio Vacchi

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